Séminaire "Enjeux et méthodes" Le siège de Leningrad, 77 ans après : un travail de mémoire en chantier. Reconfigurations muséales et commémorielles

Séminaire
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Histoire
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Lundi, 17 septembre, 2018 - 18:00 - 20:00
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Centre d'études franco-russe, 1, rue Nikolaïamskaïa, Moscou

Sarah Gruszka, doctorante à Sorbonne Université, Lettres. Elle prépare une thèse sur les journaux personnels tenus pendant le siège de Leningrad (1941-1944).

 

À l’approche des 77 ans de l’encerclement de Leningrad par les armées allemandes et finlandaises (8 septembre 1941), la mémoire de cet épisode majeur de la Seconde Guerre mondiale semble connaître un véritable tournant. Si les entorses au récit canonique du siège de Leningrad implanté par l’historiographie soviétique et partiellement relayé de nos jours suscitent encore de violentes polémiques dans la société civile, la sphère politique et le monde de la recherche, les commémorations traditionnelles de cet événement paraissent à bout de souffle. Sur le fond comme sur la forme, elles sont héritées des pratiques soviétiques et n’ont presque pas changé depuis l’effondrement de l’URSS. De plus en plus de voix s’élèvent pour proposer d’autres façons d’honorer la mémoire des victimes du siège qui seraient davantage à la hauteur de l’événement et mieux adaptées au savoir historique accumulé depuis l’ouverture des archives. Historiens, conservateurs de musées et écrivains s’unissent ainsi pour débattre et repenser radicalement la mémorialisation et la muséification du siège de Leningrad. Inspirées par certaines pratiques commémoratives occidentales – en particulier des victimes de la Shoah –, les initiatives amorcées ces derniers temps vont dans le sens d’une  individualisation des victimes et d’une large place accordée au recueillement, jusqu’alors largement gommé par la dimension héroïsante. C’est donc un véritable travail de mémoire qui est en train de s’opérer, encore à l’état de chantier, et qui dessine une totale reconfiguration muséale et commémorielle. Quels en sont les enjeux principaux ? Les acteurs ? Quels projets ont abouti et que disent-ils de ce renouvellement mémoriel ? Dans quelle mesure s’opposent-ils aux commémorations officielles ? Ont-ils un impact sur les pratiques institutionnelles ? Quels écueils demeurent dans l’appréhension de cette histoire ? De retour des commémorations de la guerre et du siège à Saint-Pétersbourg, nous tâcherons d’esquisser des réponses à ces questionnements.

 

La séance se déroulera en français sans traduction.

 

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